dimanche 25 juin 2023

Commémorations du centenaire de la mort de Pierre Loti : Rochefort et Marianne seules ?

 Encore ce Louis-Marie-Julien Viaud (1850-1923) ! 

Pierre Loti en académicien.jpg 

Encore cet officier de marine super ringard, cet académicien - mention déjà rédhibitoire - parangon de la littérature exotico kitch, cet as du travestissement ridicule et superfétatoire ! Encore ce type aux romans illisibles à force d'être passés de mode qui eut l'outrecuidance d'inspirer un opéra, Madame Butterfly, accusé régulièrement de yellow face ! Voilà un sacré bonhomme dont plus personne ne se hasarde à lire son Pêcheur d'Islande ou son Ramuntcho - et tant pis si ça déplaît aux Basques ! 

undefined 

Cependant - ô paradoxe ! - on peut trouver encore Pierre Loti en édition de poche, notamment chez Folio. Pourtant, comme pour ses illustres prédécesseurs Corneille, Pascal (sur lequel je reviendrai très prochainement) et Diderot, afin de prouver qu'il s'agit bel et bien d'un écrivain dont se gaussent les pouvoirs publics et la culture contemporaine, seule sa cité natale, Rochefort, a daigné organiser des festivités mémorielles dignes de ce nom autour de Pierre Loti ! De même, dans la presse, quoi signaler d'autre si ce n'est le magazine Marianne ! 

Je me souviens de ce documentaire de la 3 sur Pierre Loti, passé deux fois en pleine nuit, et dont l'enregistrement fut proprement calamiteux : soit la chaîne prenait à l'avance et le début manquait, soit elle était tellement en retard que je n'avais pas la fin de l'émission ! Heureusement que les éditions de poche de l'auteur existent toujours, ce qui permet de juger ses écrits sur pièces ! 

Il y a aussi ce souvenir scolaire d'un extrait de Pêcheurs d'Islande dans mon manuel de français de 6e !  Ne trouver Loti que dans un tel manuel était un mauvais signal, puisqu'il en allait de même à l'époque pour Julien Green, présent, quant à lui dans des manuels de CM1-CM 2 ! Quant à la maison de l'écrivain à Rochefort, non seulement elle fait l'objet d'une restauration dont j'ignore le terme (avril 2025, sauf retard, selon le journal Sud Ouest, nul ou presque n'en parlant), et, bien qu'elle ait servi de cadre en 2018 au lancement du loto du patrimoine, elle n'a même pas été choisie comme sujet d'une émission de la série Une maison, un artiste, qui a pourtant su reprendre le flambeau, avec brio, des Bonnes adresses du passé des années 60-70 ! 












Enfin, notre Louis-Marie-Julien Viaud, comme c'est souvent le cas sur cette chaîne culturelle (l'est-elle vraiment encore ?), s'est retrouvé indirectement abordé par le truchement d'un de ces documentaires de voyage dont Arte a le secret : à Istambul, la passion interdite de Pierre Loti, dans la collection Invitation au voyage, dont la diffusion remonte au 4 janvier 2023.

Rendez-vous en 2050 pour le bicentenaire de la naissance de notre auteur afin de mieux faire ? 

Prochainement : Commémoration des 400 ans de la naissance de Blaise Pascal : Clermont-Ferrand, KTO et Le Figaro hors série seuls ? 

undefined

samedi 10 juin 2023

Ces écrivains dont la France ne veut plus 43 : Destouches.

 Nicolas de Largillière, Portrait de Philippe Néricault Destouches (1741).jpg  

Les absents ont toujours tort (Destouches, L'Obstacle imprévu I, 6).

La critique est aisée, et l'art est difficile (Destouches, Le Glorieux II, 5).

Chassez le naturel, il revient au galop (Destouches, Le Glorieux III, 5  : citation inspirée d'un vers d'Horace : "Tu peux chasser la naturel à coups de fourche, il reviendra toujours au galop).

Ces trois vers, devenus des sortes d'aphorismes et de lieux communs sont tout ce qui a survécu de l'oeuvre de Philippe Néricault Destouche, portraituré ci-dessus par Largillierre en 1741). De Destouches, né à Tours le 9 avril 1680 et mort dans son château de Fort-oiseau à Villiers-en-Bière le 4 juillet 1754, devenu membre de l'Académie française le 5 août 1723, Voltaire écrivit : 

« On ne trouve pas dans ses pièces la force et la gaieté de Regnard, encore moins ces peintures du cœur humain, ce naturel, cette vraie plaisanterie, cet excellent comique, qui fait le mérite de l’inimitable Molière ; mais il n’a pas laissé de se faire de la réputation après eux. On a de lui quelques pièces qui ont eu du succès, quoique le comique en soit un peu forcé. Il a du moins évité le genre de la comédie qui n’est que langoureuse, de cette espèce de tragédie bourgeoise, qui n’est ni tragique, ni comique, monstre né de l’impuissance des auteurs et de la satiété du public après les beaux jours du siècle de Louis XIV. Sa comédie du Glorieux est son meilleur ouvrage, et probablement restera au théâtre, quoique le personnage du Glorieux soit, dit-on, manqué ; mais les autres caractères paraissent traités supérieurement. » (extrait du Siècle de Louis XIV).

Description de cette image, également commentée ci-après 

Pour ma part, j'aurais aimé qu'on confrontât Destouches au Lesage dramaturge, déjà traité en ce blog, et qui fut son contemporain. De toute manière, les éditions modernes de Destouches ne se trouvent nulle part, contrairement à celles de Lesage sauf un improbable coup de folie de Folio Théâtre ou Garnier Flammarion... De toute manière, même au temps de la RTF puis de l'ORTF des années cinquante à soixante-dix du XXe siècle, époque au cours de laquelle la télévision baignait dans une culture scolaire et livresque et voulait la transmettre, Destouches n'attirait plus. Cherchez sur Ina.fr ou Madelen : vous ne trouverez strictement rien. 

Notre Philippe Néricault, ce familier de la duchesse du Maine, des Grandes Nuits de Sceaux et du cercle de l'ordre parodique des chevaliers de la Mouche à miel (on a l'oulipo rétro que l'on trouve...), qui compta femmes et hommes, scientifiques, aristocrates et musiciens en son sein, a été supplanté dans la mémoire savante par deux autres personnes portant le même nom, sans lien de parenté aucun : André Cardinal Destouches (1672-1749), compositeur dont les oeuvres sont d'autant plus jouées et enregistrées que celles théâtrales de son quasi homonyme brillent par leur absence contemporaine intégrale,

Description de l'image Andre cardinal destouches.jpg. 

et, malheureusement, un sinistre écrivain du XXe siècle, hélas admiré par certains que je refuse de suivre sur ce terrain : Louis Ferdinand Destouches dont tout le monde connaît le nom de plume : Céline ! 

undefined 

Pour ma part, j'ai acheté des CD du premier, notamment les remarquables Eléments, opéra-ballet du temps de la Régence, qui contient en son début le premier cluster de l'histoire de la musique classique et, bien avant Le Sacre du Printemps de Stravinski, nous permet d'écouter l'organisation du chaos originel. Quant au second, je me vante de n'en avoir pas le moindre ouvrage... Moi aussi, je pratique la cancel culture lorsqu'il le faut. Je me souviens d'avoir jeté à la poubelle Voyage au bout de la nuit sans en avoir lu une seule ligne. 

Bref, j'aimerais bien que l'on exhume un de ces quatre L'Ingrat, L'Irrésolu, Le Médisant, La fausse Veuve, L'Obstacle imprévu ou encore Le Philosophe marié, quitte à ce que l'on fasse accroire que notre dramaturge du temps de la Régence et de Louis XV anticipait le théâtre de boulevard du XXe siècle ! Au fait, notre Destouches fut secrétaire d'ambassade à la cour d'Angleterre et contracta un mariage secret avec une Anglaise, dont la version britannique de l'article de Wikipedia consacré à notre impétrant dit qu'elle s'appelait Dorothea Johnston.

La vie de cet écrivain désormais dans l'ombre fut plus haute en couleur qu'on pouvait le penser, et s'il fallait à tout prix remettre en avant une de ses pièces, ce serait Le Glorieux de 1732, qui, sociologiquement intéressante, nous dépeint l'ascension de la bourgeoisie au détriment de l'aristocratie. Le riche libertin est confronté au noble fastueux. J'ai envie d'ajouter que l'astre dudit noble est en train de pâlir... 

 Mais on dit qu'aux Auteurs la critique est utile, déclare le personnage de Lisette à l'acte II scène 5 du Glorieux. 

 Philippe NÉRICAULT DESTOUCHES | Académie française

Prochainement : Commémorations du centenaire de la mort de Pierre Loti : Rochefort et Marianne seules ? 



samedi 20 mai 2023

Le festival du livre de Paris 2023 : la manifestation culturelle la plus médiatiquement négligée avec le festival de Gerardmer ?

 Du 21 au 23 avril dernier s'est tenu, dans une indifférence télé plus que crasse, le festival du livre de Paris, héritier du salon du livre, en son édition 2023. 

 https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f6/Festival_du_Livre_de_Paris_-_Monogramme.png

Que penser de cela ? Est-ce à dire qu'en France, le pourcentage des lisants serait tombé à celui de l'Egypte pharaonique ? 


Description de cette image, également commentée ci-après    


Avec 102 000 à 113 000 entrées selon les sources, il n'y a pas de quoi s'enorgueillir lorsqu'à son apogée, l'ancien salon du livre avait atteint une fréquentation de 241 000 entrées, en l'an 2000. Certains objecteront qu'à cette époque, la manifestation s'étalait sur cinq jours. On ne peut cependant nier un déclin lent et continu depuis 20 ans, la barre des 200 000 entrées n'ayant plus été franchie depuis 2003. 

Le déclin de la fréquentation a pour corollaire celui de la couverture télévisée de l'événement, lorsqu'on la compare à celle de 1982, retrouvée sur le site de l'Ina. En parallèle, on a vécu une hausse exponentielle, exagérée, caricaturale, de la couverture télé du salon de l'agriculture, devenue presque insultante lorsqu'on constate que, certaines années, les chefs de l'Etat successifs ne jugent même plus utile de se déplacer à la manifestation livresque. C'est à croire qu'en France, il y a désormais moins de gens qui lisent et achètent des livres - il s'agit surtout de femmes - qu'il n'y a encore des agriculteurs et éleveurs ! A quoi bon célébrer la loi Lang sur le prix unique du livre, si les médias audiovisuels, Arte incluse, s'en fichent !

Prochainement : reprise de la série d'articles consacrée aux écrivains dont la France ne veut plus (volet n° 43) : Destouches, écrivain du XVIIIe siècle. 

 Nicolas de Largillière, Portrait de Philippe Néricault Destouches (1741).jpg

dimanche 30 avril 2023

Café littéraire : une introduction à L'Or de Blaise Cendrars.

 

L’OR, de Blaise Cendrars                               Roger Colozzi-Gisselbrecht

 undefined

Aux bruits avant-coureurs de la programmation pour la fin mai – le jeudi 25 – du roman de CENDRARS, L’Or, une large majorité (à une ou deux exceptions près) s’est félicitée du choix de ce « grand-petit » livre, lu autrefois, il y a si longtemps !

            Pour moi, c’est histoire, l’opportunité de renouer, grâce à notre Café Littéraire, avec l’immense littérature française du XXème siècle écoulé. Un peu de fraîcheur (toute relative certes) dans ce monde disruptif de l’humanité souffrante de mille maux, psychologiques et… Cie.

            Nous partirons donc, avant les grandes vacances, à l’aventure. Et quelle aventure ! Rien de moins que la ruée vers l’or… Donc, ni une ni deux, accrochez-vous à la bride-accoudoir de votre canapé, et sus à l’épopée, sur les traces – écrites – de l’écrivain manchot (1887-1961). Sus à la grande aventure, la grande et moderne migration humaine vers l’ouest, vers la terre promise, migration dont l’auteur a été le témoin et qu’il illustra avec la parution en 1925 de ce roman historique sur les premiers chercheurs d’or d’une Californie en état de gestation. Un roman à la Cendrars, né Frédéric Sauser, dit Blaise, sans amours – dévoyées ou maladives – ni labyrinthes neuronaux, rédigé dans une forme, un style bref, « couillu », lisse de toute fioriture, comme le sont ses journaux et autres premiers récits de voyages – à la Sylvain Tesson avant l’heure –, avec cette force d’évocation déjà présente, prégnante, comme une apologie de l’action, dans cette Légende de Novgorod (1909) ou encore cette Prose, poétique, du Transsibérien (1913).

 undefined

            Alors, eh bien, à vos marques-pages, en voiture pour le grand ouest, la Nouvelle-Helvétie, et apprêtez-vous pour Bourlinguer (1948) à pied, à cheval au galop, en diligence, en chariot… Terminus l’Eldorado ! En avant pour la « Big »aventure, fiévreuse, mortifère… Enfiévrez-vous, précipitez-vous, oui, dans cette merveilleuse odyssée, terrestre, maritime, « une histoire passionnante…, le plus magnifique reportage qu’on puisse lire... », prévient en 4ème de couverture ‟Le Livre de Poche”, n° 293, pour sa réédition de 1963.
 Pas de doute : une pépite !  1963 - 2013, soixante ans,… déjà !

 John Augustus Sutter c1850.jpg

 

« Je tourne dans la cage des méridiens comme un écureuil dans la sienne. »

Frédéric Sauser, dit Blaise Cendrars, né en Suisse (La Chaux-de-Fonds) en 1887, est un poète, romancier et essayiste qui, engagé volontaire en 1914 dans la Légion étrangère, combattra pour la France et subira l’amputation du bras droit. Il poursuivra pourtant une vie aventureuse, voire dangereuse, depuis l’Afrique jusqu’en Amazonie, coutumier du fait, puisque dès l’âge de 16 ans, une fugue le conduira jusqu’à Moscou, aux Indes, en Chine, en Perse…

Correspondant de guerre en 1939 dans l’armée anglaise, puis réfugié sur la Côte, il s’établira à la Libération à Paris, poursuivant une œuvre où d’aucuns ont pu voir l’un des précurseurs de l’« alittérature », voire du nouveau roman.

Séjournant un temps dans le Vaucluse, il fréquentera parfois, à Carpentras, la boulangerie de François Jouve, érudit, Majoral du Félibrige. Il décède en 1961.   

Description de cette image, également commentée ci-après       

samedi 22 avril 2023

Tu quoque Hergé.

 Toi aussi, mon fils.(Jules César à Brutus lors de son assassinat).

undefined 

Hergé, créateur de Tintin, nous a quittés il y a quarante ans. Contrairement aux manifestations autour du cinquantenaire de la disparition de Picasso, indénombrables tellement elles sont pléthoriques, il doit hélas se contenter d'une commémoration squelettique ! 

Pablo picasso 1.jpg

 Ce silence autour d'Hergé me rappelle fâcheusement la non-commémoration en 2013 du centenaire de Charles Trenet. Les raisons de cette non-commémoration hergéenne pourraient être limpides si elles ne relevaient pas de l'hypothèse et de la conjecture.

Primo, cela signifierait que nous ne pouvons plus dissocier l'oeuvre de l'artiste : en ce cas, l'attitude d'Hergé durant l'occupation nazie de la Belgique, ses fréquentations, la tache de certains contenus graphiques et scénaristiques de L'Etoile mystérieuse ainsi que sa collaboration au Soir volé suffiraient à rendre définitivement Hergé infréquentable, bannissant à jamais Tintin et Milou de l'histoire de la bande dessinée franco-belge. Tout ceci est bien montré dans Hergé fils de Tintin de Benoît Peters, biographie faisant autorité parue en 2002. 

Secundo : les conditions juridiques de l'obtention d'une permission de reproduire et d'exploiter ne serait-ce que d'une seule vignette des aventures de Tintin sont devenues si draconiennes qu'elles rendent impossible toute commémoration sans l'aval des ayants droits, à savoir l'ex société Moulinsart devenue Tintimaginatio en 2022. Même le pastiche ne trouve pas grâce aux yeux de cette entreprise !  Quand on saura que  les Schtroumpfs de Peyo viennent de faire l'objet d'une parodie autorisée, on comprend ce qui ne va pas.

On insinuera que la situation est grave mais pas désespérée, qu'on peut encore rattraper Hergé, qu'il n'est de toute façon "que" belge et que la télé n'a ni les sous ni l'envie pour négocier la production d'un documentaire avec Tintimaginatio. En attendant, la sclérose patrimoniale guette et la momification de Tintin, Milou et de leur univers n'attire pas - c'est une lapalissade - les nouvelles générations, à l'heure où des jeunes ne comprennent même plus le mot "Lagaffe" dans le nom de Gaston. Cette situation pourra-t-elle perdurer ad vitam aeternam, du moins au-delà des soixante-dix ans communs au basculement d'une oeuvre dans le domaine public ?

En 2023, Hergé et Tintin auront été mal lotis, réduits à des non-événements même pas localisables sur un plan et une carte. Est-ce là une conséquence de l'éloignement temporel irréversible de la série ?  Alas, poor Yorick ! 

Prochainement : café littéraire consacré à une introduction à L'Or de Blaise Cendrars.



samedi 11 mars 2023

Café littéraire : La Commode aux tiroirs de couleurs, d'Olivia Ruiz.

 

«  LA  COMMODE AUX  TIROIRS  DE  COULEURS »

Par  M-H. Jeangérard

 undefined

   «  La commode aux tiroirs… », une belle histoire… » à tiroirs.

« l’ABUELA » vient de mourir. Et la commode va révéler ses secrets à la narratrice. Et l’Abuela devient la narratrice d’une histoire forte et poignante.

La Commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz | Livre de Poche

      Olivia RUIZ n’est pas une inconnue. Le roman est autobiographique ; même si ce n’est précisé, on le comprend  très vite. Elle a grandi à MARSEILLETTE, non loin de Carcassonne, en plein pays cathare, c’est tout dire quand on parle de résistance ! Proche du Canal du Midi et de la Montagne d’Alaric, le petit bourg deviendra vite le havre de vie des exilés.

      Olivia Ruiz a d’autres cordes à son arc. Elle est aussi musicienne, autrice, interprète. Elle s’est fait connaître avec une chanson désormais célèbre : «  La femme chocolat » (2016).

       Cela dit, son roman a touché le grand public, au point d’être adapté en « roman graphique », comme il m’a touché. Au fil des lectures de quelques passages, on pourra en aborder quelques thèmes :

L’accueil des «  exilés » espagnols dans la France de la fin des années 30, après le Front Populaire, en Occitanie (le personnage de Madrina) – La place des hommes dans le roman : de Rafael, le héros antifranquiste, à André, l’amoureux timide qui deviendra « Papi ». 

 undefined

Le dénouement surprend aussi. Les dernières pages peuvent sembler cocasses, mais sont en réalité révélatrices de la résilience de ces femmes, de leur formidable capacité d’adaptation, et, en un mot, de leur humanité.

L’écriture enfin, elle aussi « en couleurs », ponctuée d’un espagnol brutal (« Cria cuervos ! » ),
à l’image de la force des caractères.

         Nos échanges permettront sans doute d’aller plus loin.

        Depuis de la saison 2022-2023, le Café Littéraire a mis en valeur des portraits de femmes   « hautes en couleurs » : une jeune esclave, échappée de l’univers concentrationnaire du Sud raciste des Etats-Unis au XIXème siècle, en quête de sa seule liberté ; une jeune bourgeoise parisienne, échappée de la Salpêtrière à la fin de ce même siècle, qui veut simplement devenir une femme libre et écoutée. Le roman d’Olivia Ruiz nous présente une lignée de « résistantes » aux malheurs qui les accablent depuis des générations : des femmes fortes. Ce n’est pas fini !!                                                    

 Alors « Vamos, adelante… » comme aurait dit l’Abuela

       Lisez ce livre !...Et la suite : « Ecoute la pluie tomber », en catalan « Escota, plo ! »

                                    M-H. Jeangérard. 

Post-scriptum, par Christian Jannone. Olivia Ruiz a plus d'une corde à son arc. Née le 1er janvier 1980 à Carcassonne, elle est une chanteuse réputée, célèbre même car "auteure-compositrice-interprète", actrice, réalisatrice et romancière. Tout un programme !  

Portrait d'Olivia Ruiz - Photo d'Elodie Devaye