mardi 9 juin 2026

Café littéraire : "De Pierres et d'Os" de Bérengère Cournut.

 

 

« De Pierres et d’ Os » de Bérengère Cournut  -  Roman publié en 2019.

 

Par  Michèle Pouget.

Ce roman nous plonge dans le monde des Inuit*, au cœur des paysages arctiques.
L'histoire nous emmène dans la vie d’Uqsuralik, une jeune fille séparée de sa famille après la rupture de la banquise.
Contrainte de survivre seule dans un environnement hostile, Uqsuralik va déployer  une incroyable énergie, traverser de nombreuses épreuves avant d'être recueillie par différents groupes.  Ces  rencontres vont constituer pour elle, à la fois une aide à vivre et/ou à ne pas mourir, mais aussi une initiation à la vie : on peut parler d’un roman initiatique.

Famille inuk en 1929.
Famille inuk en 1929.



  

 

 

 

 

 

 

 

 

D’adolescente égarée sur la banquise, elle va devenir femme, épouse, mère, chasseuse et gardienne de savoirs sur le chemin du chamanisme,  tout en affrontant les joies et les drames de son existence et de ceux et celles qui l’entourent.

Ce livre mêle récit initiatique, chroniques de vie et dimension spirituelle, dans une écriture souvent poétique.
 À travers le parcours d'Uqsuralik, l'autrice explore les liens très forts qui existent entre l'être humain et la nature, la transmission des traditions, la place des femmes et la force de la résilience face aux difficultés.

Thèmes principaux : survie, identité, maternité, spiritualité, rapport entre les humains en lien avec la nature. 

Un récit dépaysant qui donne à voir une culture qui nous désarçonne, une autre « façon d’habiter notre terre » la richesse d’un peuple, et à sa capacité de résistance face aux éléments,  et malgré tout, l’auteur nous  emmène dans une expérience humaine profondément universelle.

 Pour être au plus proche de la vérité de cette civilisation,  Bérengère Cournut s’est inspirée des travaux de Jean Malaurie (1922-1924), géographe, ethnologue, explorateur français
et figure majeure des peuples arctiques et du Groenland, défenseur des peuples Inuits et pionnier dans la recherche polaire.

1956 – Inuit et son équipage.
1956 - Inuit et son équipage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 *Normalement, le mot « inuit » ne prend pas la marque du pluriel. Mais on peut parfois,  le voir écrit « les Inuits »

 

 

 

« D’un monde à l’autre » Film de Jérémie Rénier

Calendrier et horaires de la projection de ce film au cinéma Rivoli à Carpentras.

Mercredi 10 juin
à 19 h.

 

Jeudi 11 juin
à 13 h 45 et
à 21 h

Vendredi 12 juin
à 17 h

Samedi 13  juin
à 19 h

Lundi 15 juin
à 16 h 20

 

Jeudi 18 juin
à 21 h

Dimanche 21 juin
à 11 h

Mardi 23 juin
à 13 h

Penser à vérifier l’horaire sur le site du Rivoli à Carpentras. Très belles salles confortables !

En lien avec le roman « De pierre et d’Os » qui sera le dernier de notre saison littéraire et afin d’appréhender les rigueurs des régions arctiques et les modes de vie des hommes, évoqués dans ce roman, je vous conseille d’aller voir l’excellent film de Jérémie Rénier «  D’un monde à l’autre »

« D'un monde à l'autre » est un film documentaire intime, un voyage humain et  sensoriel à travers le deuil et l'amitié :  après la mort accidentelle de son  « ami-frère  Gaspard Uriel »,  Jérémie Rénier dévasté  restera deux ans sans travailler, prostré dans  ce deuil.
 Il entame ensuite un chemin de reconstruction et de recueillement grâce à la rencontre de Loury, explorateur français,  qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Ils vont partir ensemble à  travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont  s'éprouver, jusqu'à redevenir vivants. Une quête initiatique, qui explore les territoires de la vie, là où l'hostilité du monde renvoie à  la mort.

Le film sort en salle le 10 juin 2026. Un film plein d’humanité, de doute, de douleur, de déception et de reconstruction. Je guette les programmes du Rivoli pour connaître la date de projection. Je vous en ferai part.

Swimming polar bear carved from walrus ivory, Middle Dorset culture, Iglulik region, Canada

 


* Au mois de mars, j’ai vu ce film en avant première, au cinéma Rivoli à Carpentras, en présence de l’auteur-acteur et j’en suis sortie bouleversée.                                                                                                                                                      

 Michèle Pouget

Prochainement : Jerry Lewis, un centenaire ignoré.

 Description de cette image, également commentée ci-après

samedi 30 mai 2026

Alain Aspect, académicien : une simple célébrité locale ignorée par la presse nationale ?

 

 











Comme aurait dit Coluche, c'est l'histoire d'un mec moustachu, jovial, avec des lunettes, qui a reçu le prix Nobel de physique et a été reçu à l'Académie française tout récemment. Ce mec-là, il est natif d'Agen, et c'est un méridional. Alors, pourquoi seule la presse du coin dont il est originaire s'est intéressée à sa réception sous la Coupole, tandis que la presse de Paname - Figaro inclus ! - a fait comme si cet événement épistémolo-mondain (pour m'exprimer comme la critique acide d'un vieux documentaire de Michel Serre d'Arte intitulé La Légende des sciences) n'existait pas et comptait pour des prunes ? L'impair de trop ! ça mérite un émoji écarlate de colère ! 

samedi 9 mai 2026

Café littéraire : L'Enfance d'un Chef, de Jean-Paul Sartre.

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A propos du livre pour le Café Littéraire du jeudi 28 mai 2026
« L’enfance d’un chef »
de J.P. Sartre, présenté par R. Colozzi

L'Enfance d'un philosophe et... même plus,

Naissance à Paris, le 21 juin 1905 de Jean-Paul, Charles, Eymard Sartre, baptisé le 20/07 suivant à N.-D. de Grâce de Passy.

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 Beaucoup d'éléments de cette enfance, même et surtout si l'on se réfère au début de son autobiographie dans Les Mots (1963), laquelle fait l'unanimité de la critique pour son style parfait et ses analyses intro et rétrospectives.
Sartre est issu d'une famille de la grande bourgeoisie, qui compte des catholiques, des protestants originaires du Périgord et d'Alsace (il est le petit cousin d'Albert Schweitzer).

Portrait de Albert Schweitzer


À 2 ans, il devient orphelin de père et vers 1909, à 4 ans il apprend à lire en déchiffrant Sans famille d'Hector Malot. "Poulou", petit Rémi du roman de notre enfance !

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Entre 5 et 7 ans, il vit d'intenses angoisses de mort confinant à une authentique névrose. Ces pages restent saisissantes.
Vers 7 ans, il lit
Mme Bovary, Corneille, Rabelais, La Fontaine, Voltaire, Hugo : "... rien ne me parut plus important qu'un livre", ou encore : " J'ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres", écrira-t-il.
1915,
" Jusqu'à 10 ans, je restai seul entre un vieillard -mon grand-père - et deux femmes." Et en octobre "Poulou" entre en 6ème au lycée Henri IV, puis après deux ans au lycée de La Rochelle, il rentre à Louis-le-Grand et en 1924 (19 ans) à l'E.N.S., où il sera reçu 1er à l'agrégation de philosophie en 1929, ex-æquo avec Simone de Beauvoir. Déjà !

Après un début de carrière d'enseignant au Havre, Laon, Neuilly, "Pasteur, Condorcet", il se consacre, à la Libération, au journalisme (Libération), à la philosophie et la littérature militantes essentiellement.

Sartre va produire des essais : L'existentialisme est un humanisme (1946), des romans :  La Nausée (1938), Les Chemins de la liberté (1945), des pièces de théâtre, de moins en moins jouées en France : Les Mouches (1942), Huis clos (1944), La P... respectueuse (1946), Les Mains sales (1947), Le Diable et le Bon Dieu (1951), Les Séquestrés d'Altona (1959) ; des nouvelles enfin, comme celles réunies dans Le Mur (1939), dont L'Enfance d'un chef, considérée comme l'un de ses chefs-d’œuvre du point de vue strictement littéraire : satire vive, méchante et affirmée, des mœurs  bourgeoises de l'époque.

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Philosophe et journaliste très engagé politiquement, Jean-Paul Sartre fut et est très discuté par les uns, beaucoup admiré par les autres. Ses "ruptures" avec Raymond Aron et surtout Albert Camus sont restées inoubliables. 
Et c'est en toute logique personnelle qu'en 1964, il refusera le prix Nobel, faisant valoir que foncièrement pacifiste - mais pas pour tout le monde...-  il ne pouvait associer son nom à celui de l'inventeur de la dynamite... Merci pour les bâtisseurs d’autoroutes !

Nota bene : Toutefois, pour tout "comprendre" de ce "chef" philosophique, voire de son enfance, lire (ou relire) avant tout ou simultanément son autobiographie : Les Mots (200 p.), déjà citée, non pas seulement d'un conteur mais aussi et surtout d'un penseur foncièrement introspectif, limite dérangeant. Les mœurs et la politique remontent à... déjà longtemps ! Rien de très nouveau sous le soleil, et même celui de Satan, aurait dit Bernanos. Qu’on peut relire aussi,... accessoirement.

Roger Colozzi. 

Prochainement : Alain Aspect, académicien : une simple célébrité locale ignorée par la presse nationale ?