samedi 8 juin 2024

Ces peintres dont on ne veut plus 11 : Johan Barthold Jongkind.


Petit canal près de la Seine à Meudon, (1865).

Gamin, je possédais une vieille encyclopédie Larousse qui, outre le fait qu'elle reconnaissait Maurice Utrillo comme un peintre majeur, présentait Johan Barthold Jongkind comme un précurseur immédiat de l'impressionnisme.

De nos jours, Turner a triomphé, et c'est Eugène Boudin (1824-1898), qui a ravi à l'impétrant le titre de prédécesseur de la révolution impressionniste.

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Jongkind n'est plus mis en avant nulle part, du moins dans les médias mainstream, à la différence de Turner et Boudin, et presque plus personne n'en parle, malgré une présence certaine de ses oeuvres dans les musées français !

samedi 11 mai 2024

Bicentenaire de la disparition de Lord Byron : Madelen seule ?

 

 

  












Après Keats en 2021 et Shelley en 2022, voilà que le troisième grand poète romantique britannique se trouve à son tour privé de toute commémoration ! A une exception près, toutefois, une exception sidérante, inattendue, imprévisible ! J'ai nommé l'Ina avec sa bien connue plateforme Madelen. 

Grâce à Madelen, je découvre l'existence d'une dramatique télé de l'ORTF en noir et blanc, diffusée en juillet 1973, intitulée Byron, libérateur de la Grèce, avec dans le rôle principal, Jean-François Poron (1936-2020). Le réalisateur est Pierre Bureau, par ailleurs peu connu. 

Prochainement : retour de la série "Ces peintres dont on ne veut plus", avec cette fois-ci, Johan Barthold Jongkind.

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dimanche 14 avril 2024

Arno Penzias et Christopher Priest : les deux omissions nécrologiques majeures du Monde du début de l'année 2024.

 Par Cyber Léon Bloy.

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Journalistes, je vous interpelle ! Connaissez-vous ce premier quidam ? 

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Et cet autre, en avez-vous entendu parler, ne serait-ce que fortuitement ?

Description de cette image, également commentée ci-après 

Allons empressez-vous de me répondre, car, comme Louis XIV, je déteste attendre ! Gare à vous si vous me dites cette phrase interrogative italienne stupide, digne d'un frère ignorantin : Ma chi è ?

samedi 30 mars 2024

Café littéraire : Mamie Luger.

 Mamie LUGER de Benoît Philippon. Par Bénédicte Mitrano.

Benoît Philippon (auteur de Mamie Luger) - Babelio

 

BIOGRAPHIE

Mamie Luger

Date/Lieu de naissance 1976 (Âge: 48 ans), France
• Benoît Philippon est un écrivain, réalisateur et scénariste français, auteur de roman s noir s
Diplômé en Lettres Modernes à la Sorbonne Nouvelle, il devient scénariste en 2000.
• Benoît Philippon passe son enfance en Côte d'Ivoire, aux Antilles, puis entre la France et le
Canada.
• En 2002, un premier scénario est porté à l’écran : "Sueurs", un film d’action produit par
Samuel Hadida avec Jean Hugues Anglade. Benoît développe ensuite plusieurs scripts
pour le cinéma, de la comédie au thriller. Il s’immerge également dans l’univers de
l’animation. Il participe à l’écriture de plusieurs séries ("Pat et Stan", "Chaplin&Co", "7 nains
et moi").
• Il devient scénariste à vingt ans pour le cinéma et l'animation.
• En 2009, Benoît passe à la réalisation en cinéma avec "Lullaby". Le film est coproduit par
Orange Studio, Forecast et Christine Vachon ("Loin du Paradis", "Carol"). Tourné en anglais
avec un casting international dont Forest Whitaker, Rupert Friend, Clémen ce Poesy, et la
participation de Charlie Winston, "Lullaby" est sélectionné dans divers festivals
internationaux (Pusan, Taipei, Camerimage) et sort dans plusieurs pays étrangers.
• "Mune : Le Gardien de la Lune" (2015), un film d'animation 3D, est son second long
métrage. Il a écrit le scénario original et l’a coréalisé avec Alexandre Heboyan. Le film a
gagné le prix du meilleur film aux festivals de Tokyo, Toronto et Erevan et est, en 2015, le
7ème plus gros succès français à l’étranger.
• En 2015, Benoît coréalise le court métrage "Nephtali", en collaboration avec Glen Keane,
pour la 3ème scène de l’Opéra de Paris.
• En 2016, il écrit son premier roman, "Cabossé", édité chez Gallimard, collection Série
Noire, qui obtient le Prix Transfuge du meilleur espoir polar 2016 et le Prix du Goéland
Masqué 2017 du meilleur premier polar.
• En 2017, il développe, avec le dessinateur Malec, "Super Mimi", une série jeunesse en
bande dessinée, éditée par Jungle Éditions, sortie en Février 2018.
• "Mamie Luger" (2018), son second roman, sort aux éditions les Arènes, dans la
collection Equinoxe , suivi de "Joueuse" chez les Arènes 2020
• « Toucher le noir » Collectif. Roman noir. 2021
• « Petiote 2022 » Les Arènes 2022.
• « Papi Mariole », Albin Michel (2024) est son dernier roman.
Le livre : Mamie LUGER
Visiblement très inspiré par San Antonio et Audiard (et ses Tontons flingueurs), Benoit
Philippon nous convie à une comédie désopilante. Mais tout le sel de ce roman noir ne se réduit
pas à une tueuse en série de cent deux ans, hilarante, irrespectueuse et mal embouchée.
« Mamie Luger » :

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Un policier féministe où le coupable n’est pas celui qu’on croit.

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Rien que la couverture prête à sourire, nous l’imaginons très bien cette mamie Luger, plus toute fraîche, pince sans rire, ce regard en biais derrière ses triples foyers, ce petit rictus ironique aux lèvres, sa robe rapiécée, ses larges mains un tantinet rabougries, nous l’imaginons mamie Luger mais aurions-nous pu deviner que derrière ses yeux rieurs se trouvaient autant de cadavres ? Absolument pas !
Résumé : Six heures du matin : Berthe, cent deux ans, (38 kilos) canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures : l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger vide son sac, et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de veuve noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors… Aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser. Et pas qu’un peu.

 Description de cette image, également commentée ci-après


Son histoire à travers celle des cadavres L’histoire de Berthe Gavignol commence en 1914. Une vie entourée de deux femmes, sa mère et sa grand-mère Nana. C’est elle qui d’ailleurs lui donnera ce conseil avisé de viser l’entrejambe des hommes en cas d’intrusions non consenties. Nana c’est la survie. C’est la solitude d’une femme qui doit vendre son corps pour survivre et qui finit par produire sa propre gnôle dans la cave. A l’adolescence, Berthe est belle, sensuelle, bourrée de charmes. Elle le sait, elle en use et en abuse pour obtenir ce qu’elle souhaite : un mariage et une bonne situation.
Tout commence en Auvergne. Les premiers chapitres sont fulgurants. Nous débarquons en pleine fusillade. Mamie Luger a aidé un couple d’amoureux et assassins (Roy et Guillemette), qui plus est, à prendre la fuite à bord de l’Audi du voisin (De GORE, notaire) qui se retrouve au sol avec une balle dans les fesses. Qui est la tireuse ? Cette femme de 102 ans bien entendu. Elle est emmenée au poste de police et reçu par Ventura, Lionel de son prénom mais qu’elle prend un malin plaisir à appeler Lino. En salle d’interrogatoire, Mamie Luger doit s’expliquer.
Les premières minutes, elle maitrise la situation, plaide la surprise, la peur, l’ignorance, la vieillesse mais finit par fissurer sa carcasse, sa lourde artillerie tombe à ses pieds et elle commence alors à raconter son histoire. La sienne et celle des quelques cadavres enterrés dans sa cave.
1)
Lecture du premier chapitre : Page 7 à 11. « Blam ! Blam !...
2)
Puis viens la garde à vue, avec l’inspecteur Ventura : Page 12 à 13.
Mais une histoire de femme avant tout : Elle dit à un moment donné :
« Ouais, ben nous, les femmes, on n’a pas ce luxe d’avoir le choix. On est avant tout des pondeuses, et encore, quand on a la chance que ça marche ! Les couches et aux fourneaux ! Seulement moi, j’te dis que les temps ont changé et que j’veux de l’égalité. »
Mais voilà, les prémices de son féminisme se confrontent à la réalité patriarcale et rapidement elle va devoir régler le problème … à sa manière. Et des problèmes de ce type, Berthe va en rencontrer une sacrée pelletée. Benoît Philippon nous projette donc dans le passé de Berthe, depuis les 1914 jusqu’à cet instant où elle se retrouve dans ce poste de police avec Ventura. Un va-et-vient constant qui offre de vraies respirations. Comme nous, au fil de l’histoire qu’elle nous raconte, Ventura s’attache avec prudence à cette mamie qui le fait passer par toutes les émotions : la pitié, la compassion, l’effroi, la surprise, l’amusement … Il lui fait comprendre que la peine sera lourde pour ce qu’elle a commis mais il n’y a à ce titre aucun enjeu et le lecteur le sait. Elle a 102 ans. Et plus grand chose à perdre.

Et ça ne fait que commencer ! Mamie Luger tiendra en haleine le pauvre enquêteur et tous les lecteurs de ce formidable roman. Histoires rocambolesques, réparties exquises, candeur volontaire et description toute en innocence de ses multiples gestes 


1922, des enfants torturaient un chien, elle immobilisa le garnement d’un bon coup de pied 1922, des enfants torturaient un chien, elle immobilisa le garnement d’un bon coup de pied dans l’entre jambe, comme sa grand--mère Nana lui avait expliqué.


Nous rencontrerons son premier mari (1933), Lucien Ramberot (42 ans), il tenait une droguerie qui prospérait. Berthe avait 19 ans (lecture P71). . Puis l’inévitable désaccord d’un couple  (P 96) et enfin la mort de Lucien, , tué par Berthe avec un couteau  (P104)

Le sauvetage d’une jeune fille, Rose, face à un SS (1942) qui venait de tuer son frère  Le SS est revenu pour violer Berthe. Pendant son agression, Berthe a  pris le LUGER au SS.  Elle l’a tué à coup de pelle. C’était le deuxième cadavre dans la cave…

Puis Luther (1945), un GI de couleur, elle n’en avait jamais vu. Il était son âme soeur, la véritable passion, la flamme, la simplicité, le respect et la sérénité. C’était un homme marié et il avait une fille, Nina. Son amour pour lui était intense, il est reparti aux State.

Luigi FIZZARINO tenait un restaurant italien à St Flour… c’est son deuxième mari.  Il la battait également. Elle cherchait à avoir un enfant sans succès. Il est mort étranglé.  Il a rejoint les deux autres  à la cave (le SS et Lucien)

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 Marcel, le danseur (1951) …qui en possession du Luger avait violé Berthe et avait essayé de faire de même avec Rose. Berthe était venu à temps pour la sauver au calibre 22.


 Norbert, Baptiste, Thimotée, l’allemand au LUGER, tous des hommes qui ont passé dans la vie de la belle Berthe et qui y ont trouvé un certain refuge, pour un certain temps et peut--être être même pour plus longtemps. Très rapidement, on se rendra compte que l’alambic de la grand--mère  ne sera plus jamais seul dans son sous--sol aux usages mortuaires.

Mamie Luger c’est bien plus qu’une histoire de femme. Benoît Philippon y aborde des sujets comme le racisme, le patriarcat, le viol, le féminisme, la liberté des femmes, l’égalité des sexes, la justice, l’équité, les classes sociales, l’avortement, la stérilité … C’est un roman policier social et humain. Il n’y a pas vraiment d’enquête. C’est Berthe qui, à travers son témoignage, livre les clés des différentes découvertes macabres au fond de la cave et à travers ces clés, elle livre un véritable message.


Conclusion


Mamie Luger de Benoît Philippon est à mettre sur la pile des livres à lire et relire, à prêter, à conseiller. Il est intelligemment écrit, drôle, caustique, ironique, bourré de bonnes diatribes. Il y a ce qu’il faut de supplices, de situations sanglantes, de coups, de violence pour s’inscrire dans la catégorie des livres policiers mais pour autant Mamie Luger c’est bien plus que cela. C’est la mamie de toutes les femmes, celle qui protège, celle qui se sacrifie, celle qui ne recule devant rien pour faire valoir nos droits.
L’écriture est simple avec parfois un vocabulaire cru. Des situations écrites dans l’exagération, un interrogatoire interminable et bienveillant de la part de Ventura, qui quelque part la respecte vu son âge.

Bénédicte Mitrano.

samedi 9 mars 2024

Les commémorations 2024 à la télévision : une année qui commence très très bien !!!

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Ceci est une icône de l'art. Ceci a été peint par un artiste que, jusqu'à présent je pensais en théorie iconique. Je dis bien, en théorie, parce qu'il s'avère qu'en ce premier trimestre 2024, ce n'est plus le cas. En dehors du musée parisien de la Vie romantique, nul ne semble se soucier de la commémoration du bicentenaire de sa mort, survenue le 26 janvier 1824.

Au passage, je confesse avoir omis une icône défraîchie de la chanson - ses afficionados vont hurler ! - Tino Rossi, dont on eût dû commémorer en 2023 les quarante ans de la disparition. 















Cependant, la réduction de notre peintre romantique à un musée parisien de moindre importance que les autres, avec en outre, le greffon d'une polémique autour de l'authenticité des oeuvres exposées fait réfléchir : ce que propose le musée de la vie romantique est-il intégralement de Géricault (puisque je le nomme enfin) ?

samedi 17 février 2024

Commémorations 2023 à la télévision : le triomphe de "Ma chi è ?"

 C'était place Saint-Pierre du Vatican, le 16 octobre 1978, lors de l'élection du pape Jean-Paul II. Selon ce qu'en rapporta la presse, l'identité du nouveau pape en surprit plus d'un : il s'agissait du premier pape non italien élu depuis 1523. Autrement dit, une révolution. Une anecdote me frappa : une fidèle italienne, présente lorsque le nom Karol Wojtyla fut prononcé, exprima sa surprise par l'interrogation suivante : "Ma chi è ?"

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Comme cette italienne, on peut affirmer que la télévision française semble ne même plus connaître les noms de la plupart des personnalités culturelles passées susceptibles de commémorations. Après une année 2021 exceptionnelle - peut être que cette exception était imposée par le contexte de la pandémie de Covid-19 qui avait remis à l'honneur l'ancienne culture pourtant courante autrefois - au point que seules quatre personnalités furent oubliées (Fernandel, Paul Valéry, Antoine Watteau et John Keats),

 Description de cette image, également commentée ci-après

 nous retombâmes dans l'étiage de la médiocrité déculturée dès 2022 et l'année 2023 se conclut comme à peine moins lamentable que la catastrophique période 2016-2019. 

Commençons par les personnalités qui eurent la chance de passer à travers les gouttes de l'oubli crasse : 

- l'écrivain américain Norman Mailer, sur Arte, à l'occasion du centenaire de sa naissance (un documentaire) ;

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- l'écrivain italien Italo Calvino, toujours sur Arte, là aussi pour son centenaire, grâce encore à un documentaire ;

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- Colette, mais, mis à part une émission spéciale de France 5 de La Grande Librairie, force est de constater qu'en dehors de l'Ina, il fallut se contenter de la rediffusion d'un autre documentaire d'Arte, qui remontait déjà à 2017 ; 

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- le mime Marcel Marceau, là encore pour son centenaire, et toujours sur Arte, mais le documentaire à lui consacré datait de 2019 ;

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- Sarah Bernhard, la tragédienne qu'on ne présente plus, là encore sur Arte ;

- Alice Guy, pour ses 150 ans, notre première réalisatrice de l'histoire du septième art, mais qui dut se contenter d'un seul film qu'elle signa, sur Arte, durant les fêtes de fin d'année, film mêlé à une série de courts métrages muets féministes, avec la rediffusion de son documentaire biographique, qui datait de 2021.

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Ceci pour les commémoré(e)s certes célébré(e)s, mais pas assez. Je subodore que John Ford, à l'occasion du cinquantenaire de sa disparition, a lui aussi bénéficié d'une programmation spéciale sur TCM, mais cela fait longtemps que je n'ai plus cette chaîne. 

Description de cette image, également commentée ci-après

Qui donc s'est taillé la part du lion : Picasso, Maria Callas et Gustave Eiffel ! Le reste fut allègrement sauté, ou allusif comme Pierre Loti (un documentaire de voyage d'Arte passé au tout début de l'an 2023). On me fera aussi remarquer : Stéphane Bern n'a pas oublié Napoléon III pour les 150 ans de sa mort ! 

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Le seul perdant, qui méritait de le demeurer, est le leader nationaliste Maurice Barrès, ce qui n'empêcha pas la parution d'un ouvrage collectif remarquable à son sujet chez Gallimard, sous la direction d'Antoine Compagnon. 

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Qui sont les autres, tous les autres ? Qui sont ces "ma chi è", malheureusement légion ? L'an passé, j'avais d'emblée abordé le problème des premiers perdants mémoriels, dont Edouard Lalo et Katherine Mansfield qui, en dehors du Monde n'eut droit à rien du tout. 

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Au fil des semaines, la légion des perdants, des ma chi è ? n'a cessé de s'étoffer. Nombreux sont les penseurs et philosophes, parmi les ultra ignorés et délaissés, et le problème va bien au-delà du seul Blaise Pascal, déjà traité tant son omission relevait du scandale en dehors de KTO et de colloques bien localisés, ancrés dans le "local". 

De plus, le problème "Ma chi è" n'est pas du tout nouveau, bien au contraire ! Voilà un siècle, à la mort de Gabriel Fauré, ses admirateurs demandèrent au gouvernement d'alors (celui du Cartel des gauches d'Edouard Herriot), de lui organiser des obsèques nationales. Un ministre sollicité - j'ignore lequel, car le documentaire de madelen de 1965 consacré à Fauré ne le précise pas - répondit : "Gabriel Fauré, qui est-ce ?"

Aux premières loges des ma chi è, Ernest Renan, dont on eût dû commémorer les deux siècles de la naissance : 

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Le grand entomologiste Jean-Henri Fabre (dont on parla à un moment donné pour le prix Nobel de littérature), né également en 1823, fut lui aussi proprement escamoté, sauf à l'Harmas de Sérignan, dans le Vaucluse.

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Il y a eu ces deux philosophes disparus la même année 1973, dont on se moque impunément, l'un représentant le thomisme renouvelé au XXe siècle, l'autre l'existentialisme chrétien : j'ai nommé Jacques Maritain

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 et Gabriel Marcel.

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 Pour ce dernier, je rappelle la suppression de deux pièces de théâtre de l'impétrant sur madelen dès la création du site, alors qu'elles figuraient sur Ina premium. 

Il y avait aussi le cent-cinquantenaire du décès du dernier des économistes classiques, féministe de surcroît et grand ami de Jean-Henri Fabre, au point qu'il fut inhumé dans le Vaucluse, plus exactement à Avignon, au cimetière Saint-Véran : John Stuart Mill. 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/43/John_Stuart_Mill_by_John_Watkins%2C_1865.jpg     

L'épouvantable épidémie des ma chi è a poussé le luxe d'une extension en direction des acteurs et humoristes : quid des cent ans de la naissance de Piéral

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f4/Pieral-1940-Harcourt.png 

et du cinquantenaire de la mort accidentelle de Fernand Raynaud ? 

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Décidément, 2023 battit des records de médiocrité commémorative ! Ne quittons pas l'humour et évoquons le cas Reiser, fortement emblématique des retards à l'allumage mémoriel. Pour rappel, Jean-Marc Reiser nous a quittés le 5 novembre 1983. 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/a/a4/Jean-Marc_Reiser.jpg 

En toute logique, c'est en novembre 2023 qu'aurait dû se placer la commémoration des quarante ans de sa disparition. Or, en bon respect de la vitesse de réaction du chien Rantanplan, bien proverbiale, il a fallu patienter jusqu'en juin 2024 pour que se bouge enfin une station publique de la radio, en l'occurrence France culture ! Certes, le documentaire d'Amaury Ballet est magnifique, et son titre génial : "Reiser (1941-2023) : je dessine le pire parce que j'aime le beau". C'est rendre justice à l'immense satiriste, mais n'aurait-il pas fallu anticiper ? 

De toute manière, nous avons bien eu droit enfin à un nouveau documentaire sur Colette, sur France 5, dont on ne sait plus, vue la bonne année de retard, s'il fut diffusé à l'occasion des 150 ans de sa naissance ou des 70 ans de sa mort. Comprenne qui pourra.

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Après tout, nous sommes devenus coutumiers des défaillances du service public depuis bientôt quarante ans puisque nous avons été incapables de nous rappeler la disparition d'Hergé en 1983. Quant à Charles Péguy et Alfred Jarry, ce sont des losers culturels définitifs, du fait des catastrophes respectives de 2014 pour l'un et 2007 pour l'autre.  

Portrait of Charles Péguy, by Jean-Pierre Laurens, 1908

Prochainement : les commémorations 2024 à la télévision : une année qui commence très très bien !!!

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samedi 27 janvier 2024

Ces écrivains dont la France ne veut plus 45 : Francis Carco.

 L'imagination vaut bien des voyages et elle coûte moins cher. (George William Curtis)

(...) ne pas empêcher une mauvaise action quand on en a le pouvoir, c'est l'ordonner (Agamemnon dans Les Troyennes de Sénèque, vers 290-292 de la traduction de François-Régis Chaumartin, Les Belles Lettres 2000).

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C'est qui encore ce type dont plus personne ne parle ? C'est quoi ses livres qu'on ne trouve plus nulle part dans les rayons des libraires, sauf parfois en poches défraîchis chez les bouquinistes ? Jésus-la-Caille, connais pas, jamais entendu parler ! 

Histoire de se plonger dans le bain de l'oubli et d'en extirper enfin François Marie Alexandre Carcopino-Tusoli, alias Francis Carco, né à Nouméa le 3 juillet 1886 et décédé dans le 4e arrondissement de Paris le 26 mai 1958.

Francis Carco, c'est plus de vingt-cinq romans, des biographies romancées, des chansons, des recueils de souvenirs, des reportages, des poésies, même un scénario de film (Paris la nuit, d'Henri Diamant-Berger, en 1930, avec Marguerite Moreno) ! Une oeuvre très variée, dont j'ai peine à comprendre pourquoi on la délaisse ainsi.

De quoi Jésus-la-Caille, qui fut longtemps son roman le plus connu, est-il le nom ? En 1914, ce roman participa à la construction, à l'édification de la mythologie de Montmartre, au même titre que les peintures de Maurice Utrillo, ses contemporaines. 

Prochainement : Commémorations 2023 à la télévision : le triomphe de "Ma chi è".