samedi 21 septembre 2019

Un journaliste critique la guerre des tranchées en 1917.

Attention : ceci est un pastiche ! 


Le Canard enchaîné : un journaliste critique la guerre des tranchées en 1917.


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Introduction contexte :  

printemps 1917. Echec de l’offensive du général Nivelle
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 au Chemin des Dames.

 Offensive qui dure de fait du 16 avril au 24 octobre sans parvenir à rompre le front allemand. Bilan en pertes humaines côté français : environ 200 000 morts. Début des mutineries
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 : certains soldats refusent de monter en ligne, d’autres s’infligent des automutilations. Le slogan des mutins est : « A bas la guerre ! ». Pic d’intensité des mutineries entre le 20 mai et le 10 juin 1917. Le général Pétain remplace Nivelle et procède à la répression des mutineries. Environ 3500 condamnations prononcées par les conseils de guerre. 1381 condamnations aux travaux forcés ou à de longues peines de prison. 554 condamnations à mort dont 49 effectives, et parmi elles, 26 pour rébellion collective commise en juin-juillet 1917.

Citoyens de l’arrière, il est faux de prétendre qu’au front, nos vaillants soldats, nos poilus, vivent une guerre fraîche et joyeuse.
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Citoyens de l’arrière, on vous ment !  J’ai le devoir de vous révéler la vérité : non, nos poilus ne vivent pas dans le confort. Qu’est-ce d’ailleurs que le confort pour de rudes paysans, pour des ouvriers habitués à la dure ?

Apprenez que nos poilus endurent des conditions d’existence quotidiennes indignes d’un être humain. Même un chien n’en voudrait pas ! Non contents d’être pilonnés en permanence par l’artillerie boche, non contents de vivre dans l’angoisse d’une attaque de gaz asphyxiants qui ne pardonne pas, non contents d’être exposés au froid, aux intempéries ou au soleil de plomb, non contents de monter à l’assaut pour conquérir quelques mètres de terrain dérisoires sur l’ennemi, ils doivent cohabiter dans la boue avec les rats et les cadavres en décomposition plus ou moins ensevelis par les éboulements. Ils ne savent jamais de quoi demain sera fait, s’ils seront encore en vie dans une heure, dans cinq heures ou plus du tout. Ils ne peuvent plus dormir. La faux de la mort les fauche comme blé mûr. Déjà, des centaines de milliers sont tombés sous la puissance du feu. Où que les regards des survivants se portent au-delà de la tranchée, ils ne voient que des cratères d’obus, un désert, une désolation de fin du monde.
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Ils ne dorment plus. Ils ne se lavent plus, ne se rasent plus, se couvrent de vermine, subissent les assauts des poux et des mouches. Ah, que leurs belles capotes bleu-horizon, que leurs casques, que leurs godillots paraissent rutilants et brillants sur les images de propagande qu’on vous sert !
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 De fait, ils ne sont plus que des épouvantails gluants de boue, hirsutes, nourris d’un rata indéfinissable, buvant parfois leur propre urine lorsque la soif les tourmente. Sinon, afin qu’ils puissent partir à l’assaut, on les assomme à coup de gnôle, on les alcoolise pour qu’ils éprouvent du courage. Sinon, ils déserteraient pour moins que ça, se mutineraient, avec, au bout du chemin, la cour martiale et les douze balles du peloton dans la peau ! J’apprends justement que certains d’entre eux désobéissent, refusent de monter en ligne alors que d’autres se mutilent exprès. Tous ces mutins ne sont pas des lâches mais tous en ont assez. 
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Citoyens de l’arrière, cette guerre est trop longue, cette guerre est absurde ! Cette guerre qui vous ronge, cette guerre qui rend fou ! Une telle guerre ne peut être gagnée de cette manière ! Ne croyez plus la propagande cocardière qu’on vous sert sur un plateau d’argent, ce bourrage de crâne, cette propagande de politiciens qui endort les consciences et fait croire en une victoire imminente de la Justice, du Droit, contre la barbarie teutonne. N’écoutez pas non plus les sirènes du défaitisme et de la lâcheté. Laissons cela à d’autres, aux traîtres et aux tièdes. 
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C’est une guerre juste, une guerre humaine, que nous voulons. Une guerre qui sait ménager l’homme, une guerre qui soulage son ordinaire et lui redonne espoir. 
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Car avec une autre conception de la guerre, nous conquerrons la paix !



Signé J. Canard. 
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Prochainement : bicentenaire d'Offenbach : quand Salzbourg et Arte finissent par sauver l'honneur.   

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samedi 31 août 2019

Ces dessins animés japonais à la distribution médiocre.

Cet été, trois dessins animés japonais d'importance sont sortis :
- Les enfants de la mer, le 10 juillet,
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- Wonderland, le royaume sans pluie, le 24 juillet,
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- Le mystère des pingouins, le 14 août.
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Tous furent distribués sous la barre des 200 copies. Ils bénéficièrent respectivement de 117, 163 et 93 salles ! Une combinaison si faible n'était pas d'évidence pour permettre le moindre succès de ces productions au box office... Il n'est pas surprenant que seul parmi les trois, Wonderland ait pu (un peu) tirer son épingle du jeu, ses 163 copies lui octroyant un léger avantage de fréquentation... Mais que fait la police ? Il suffit de se référer au numéro nouvellement paru de L'Ecran fantastique pour avoir la confirmation que Wonderland est le seul du trio à s'en tirer au box office, même si son score est dérisoire par rapport au Roi Lion...
Je suis donc parvenu à voir en salles deux des trois longs métrages d'animation cités, non sans mal cependant.
Le graphisme de Wonderland est empreint de ce style classique japonais que l'on s'attend à trouver dans l'animation nippone, et l'histoire, teintée d'humour et d'inventivité, vaut le détour, et s'avère supérieure au dessin lui-même.
Vu après Wonderland, Les enfants de la mer lui est graphiquement supérieur. Là aussi, le message écologique et fantastique fonctionne à plein, mais l'histoire elle-même, plus difficile à interpréter, nous laisse en proie aux interrogations et interprétations après la projection.
Quant au Mystère des pingouins (le plus mal loti en nombre de copies, je rappelle) je n'ai pas pu le voir et ne peux donc pas émettre de jugement à son encontre. Je patienterai jusqu'au DVD ou au blu-ray si toutefois ils sortent...

Prochainement : un pastiche journalistique étonnant, qui vous plongera au coeur des tourments de la Grande Guerre.
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dimanche 11 août 2019

Ces écrivains dont la France ne veut plus 29 : René Maran.

Je confesse avoir originellement caressé l'intention de traiter à cette place un représentant de la francophonie africaine moins connu que Senghor : le poète malgache Jacques Rabemananjara (1913-2013). J'ai longuement réfléchi à la question avant de privilégier le choix d'un auteur français, René Maran, premier lauréat noir du prix Goncourt en 1921 avec Batouala. Pour Jacques Rabemananjara, ce n'est que partie remise : je promets y revenir un jour. 
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D'aucuns considèrent René Maran comme l'auteur d'une seule oeuvre, alors que sa biographie témoigne qu'il n'en fut rien. Mais, comme tant d'autres écrivains, seul le titre Batouala semble avoir survécu.
René Maran naquit à bord du bateau qui menait ses parents guyanais à La Martinique, le 5 novembre 1887. Sa naissance fut déclarée à Fort-de-France le 22 novembre suivant.
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Tentons de cerner en quoi Batouala fit date dans la littérature. René Maran, qui fut administrateur d'Outre-mer (oui, il y eut des administrateurs coloniaux noirs à commercer par Félix Eboué !)
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 n'en était pas à son premier essai de plume, puisqu'il avait publié en 1912 un recueil de poèmes intitulé La Vie intérieure.
L'Express, dans un article disponible en ligne de Camille Poirier publié le 13 juillet 2012, classe avec juste raison le Goncourt de 1921 parmi les romans primés injustement oubliés. Je l'affirme ici : on ne peut réduire impunément la littérature de 1920 au seul Marcel Proust comme trop le font. Camille Poirier écrit :
  Comment expliquer que Batouala de René Maran, précieux témoignage de l'émergence d'une culture française noire à l'aube du XXe siècle et prix Goncourt 1921, n'évoque presque plus rien à personne ?
La question de la présence d'administrateurs d'Outre-Mer à peau noire gêne-t-elle la bien-pensance aux entournures ? Or, c'est bien l'affectation de René Maran comme fonctionnaire colonial en Oubangui-Chari (actuelle République Centrafricaine) en 1912 qui fut pour notre écrivain l'expérience déterminante expliquant la genèse de Batouala. Il fut témoin de la misère des populations colonisées, de la cruauté de la domination européenne sur l'Afrique. Il voulut dénoncer cela et la publication de Batouala chez Albin Michel reçut le soutien du poète Henri de Régnier
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 et du traducteur Manoel Gahisto. J'avoue mon ignorance de Batouala jusqu'à la fac d'Histoire qui m'apprit son existence et son importance dans les UV que je suivais sur la colonisation et la décolonisation de l'Afrique. Les soutiens et la pugnacité payèrent : Batouala fut primé. Je ne puis dire quels compétiteurs René Maran affronta. Par contre, la composition des couverts de l'Académie Goncourt en 1921 est connue. Il y avait alors, outre Léon Daudet, Henry Céard, Jean Ajalbert, Rosny Aîné, Rosny Jeune, Léon Hennique, Emile Bergerat, Gustave Geffroy, Elémir Bourges et Lucien Descaves, noms pour la plupart oubliés...Quant à Léon Daudet, on sait qu'il fut un homme d'extrême droite, un leader de l'Action française.
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Cela n'empêcha pas l'Académie Goncourt de faire preuve d'audace en récompensant, deux ans après le coup d'éclat d'"A l'ombre des jeunes filles en fleur", l'ouvrage majeur de René Maran, sous-titré "Véritable roman nègre."
La préface, attaque virulente des excès du colonialisme, fit date, tandis que le roman lui-même paraît plus ambivalent, d'aucuns l'accusant, parmi les critiques de l'époque, d'avoir généralisé à tous les officiers coloniaux les comportements de quelques uns, ou encore d'être d'un naturalisme naïf et de surfer (le mot n'était pas usité en 1921) sur la vogue du roman colonial. On accusa le style de René Maran de ne pas être à la hauteur. Mais le mérite de Batouala réside davantage dans les réactions qu'il suscita parmi les intellectuels comme André Gide que par son intrigue et par sa forme. Certes, René Maran se limita à l'Oubangui-Chari qu'il connaissait, mais Gide put aller vérifier sur place ses assertions, ce qui aboutit en 1927 à Voyage an Congo. Autrement dit, la notoriété de Maran suscita un intérêt, une émulation, un élargissement des investigations aux autres colonies françaises dont un Gide et un Albert Londres (Terre d'ébène 1929) furent les fers de lance. Loin de se limiter à la dénonciation des abus du colonialisme, ils démontrèrent l'inanité du système colonial, bâti sur le racisme et l'oppression des Africains.
Bien qu'il eût été un bon fonctionnaire colonial, René Maran avait découvert les discriminations dues à sa couleur de peau, ainsi que le comportement des colons blancs. C'est toute l'AEF, "Cendrillon de l'Afrique", qui devait être passée au crible farouche de Gide, grâce à René Maran. Bien qu'il s'inscrive dans un contexte de naissance du panafricanisme aux lendemains de la Grande Guerre, notre écrivain ne peut, par contre, être tout à fait considéré comme un précurseur de la négritude. Il demeure ambigu, se sentant plus proche de l'élite intellectuelle métropolitaine que des Africains exploités. Il oppose les mauvais blancs, colons, exploiteurs, esclavagistes, maîtres du travail forcé, à ses amis français et ne souhaite pas l'abandon des colonies.
Batouala, personnage-titre, est un traditionaliste, un chef, un guerrier, un chasseur, qui critiques fort le système d'oppression coloniale mais veut conserver intact le mode de vie africain. Yassigui'ndja est sa favorite, Bissibi'ngui son rival qui séduit celle-ci. Les Banda constituent l'ethnie sur laquelle Batouala exerce son autorité et les administrateurs coloniaux brutaux, qui n'apparaissent pas physiquement dans le roman, ne sont là que pour disperser les Banda. Enfin, le héros a un chien, Djouma, témoin muet et personnage animal comique.
Qu'en fut-il de la carrière littéraire de René Maran postérieure à Batouala, de sa notoriété post-prix Goncourt ? Je suis hélas obligé d'admettre qu'aucune des publications ultérieures de notre écrivain guyanais n'a eu l'impact de Batouala. Par exemple, Djouma, chien de Brousse (le propre animal de compagnie de Batouala !), publié en 1927 par Albin Michel semble n'avoir laissé ni trace, ni souvenir... Il est vrai que certains titre publiés par René Maran se rattachent à la propagande et à l'hagiographie coloniale (encore faudrait-il pouvoir vérifier et analyser leur contenu pour détecter les éléments critiquant le système) comme en 1941 Brazza et la fondation de l'AEF, chez Gallimard. René Maran récidiva dix ans plus tard avec une seconde biographie de Savorgnan de Brazza,
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 mais il n'oublia pas d'écrire sur son ami, le grand représentant de la France libre Félix Eboué, auquel le Panthéon fut réservé... Cela reflète quelque ambiguïté, et les limites de notre écrivain, mais ne lui jetons pas la pierre pour autant. Il faudrait pouvoir jeter un coup d'oeil à son autobiographie parue en 1931 Le Coeur serré, encore chez Albin Michel.
Je pense que la mort de René Maran, survenue à Paris le 9 mai 1960 a dû passer largement inaperçue. René Maran se rattache incontestablement à cette foultitude d'auteurs dits de la littérature orpheline, disparus encore trop récemment pour tomber dans le domaine public. Cela ne garantit pas leur redécouverte : là où réussit Bernanos,
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 Romain Rolland a échoué...

dimanche 7 juillet 2019

Zappy Max : une dénécrologie presque intégrale lourde de sens pour la culture populaire antérieure.

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Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente.

Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte.

Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. (Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme)
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Tel qui rit vendredi dimanche pleurera. (Racine : Les Plaideurs. Acte I, scène 1 vers 2)
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 Que j’aie ce malheur- encore seulement une quarantaine d’années : rira bien qui rira le dernier ! (Denis Diderot : Le Neveu de Rameau)

Encore un nouveau signe du profond mépris de l'a-télévision, mais aussi, d'une certaine culture branchée présentiste à l'encontre de l'ancienne culture populaire d'avant le tout anglo-saxon... Le 16 juin dernier, la disparition de Zappy Max, en dehors d'une chiche poignée d'articles en ligne, est passée intégralement inaperçue. Il n'a même pas eu droit à un bandeau nécrologique sur les chaînes d'info, c'est dire ! Nous sommes en décadence : Aimé Césaire avait raison, et la non couverture de la mort de Zappy Max par nos médias nous en fournit une preuve supplémentaire, preuve proprement colossale ! Comment a-t-on pu faire fi à ce point-là de la disparition d'un animateur populaire, qui longtemps travailla pour Radio Luxembourg, avant qu'elle s'appelât RTL ?
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Adonc, Zappy Max, autrefois adulé, vénéré, qui eut même l'honneur d'une bande dessinée croquée par l'immense Maurice Tillieux, bédé parue dans Pilote en 1959 et intitulée Zappy Max, ça va bouillir (d'après une de ses émissions les plus célèbres), s'est retrouvé dans l'incompréhensible pot au noir de la dénécrologie télévisuelle terminale. Passée dans le langage courant, l'expression ça va bouillir se réfère à ce feuilleton radiophonique humoristique de Zappy Max, où la publicité était introduite de manière comique, feuilleton que Radio Luxembourg diffusait à 12h30 :  le succès fut tel que, dès son premier numéro du 29 octobre 1959, Pilote le publia (sans pub), sur un texte de Saint-Julien et des dessins de Tillieux, qui, je dois le rappeler, fut un champion inégalé de l'humour policier. Tillieux poussa l'audace jusqu'à introduire des personnages de sa série Gil Jourdan de Spirou dans cette bande !
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Autre émission célèbre animée par Zappy Max : le jeu Quitte ou double (qu'il reprit à RMC dans les années 1970 jusqu'en 1981) et le Crochet radiophonique sous le chapiteau géant du Radio Circus, qui appartenait aux Gruss-Jeannet.
Il est donc profondément injuste que ce passionné de music hall ait été autant ignoré et non pris en compte à sa mort par l'a-télévision, tandis que L'Express le qualifiait, à juste titre, de "dernière grande voix de l'âge d'or de la radio." C'est symptomatique d'un certain mépris pour une forme de culture populaire dont certaines élites - dominatrices à l'a-télévision -  ont décrété unilatéralement la ringardise. Pour eux Zappy Max n'était-il qu'un bateleur pour beaufs et Bidochon de Christian Binet ?
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Sa disparition est survenue peu de temps avant celle de Mordillo,
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 ce dessinateur humoristique argentin tout autant boudé par les médias "intellectuels" et tout autant représentatif d'une culture populaire antérieure, non agréée par les bobos,qui se fichent d'elle sous cape...Mordillo... ses dessins inénarrables paraissaient dans Pif Gadget, magazine connoté prolétariat communiste populo ringard...
Quino,
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 le créateur de la célébrissime Mafalda, a beaucoup de souci à se faire du point de vue de sa postérité artistique...

Prochainement : reprise de la série consacrée aux écrivains dont la France ne veut plus, volet n° 29 : René Maran.
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dimanche 23 juin 2019

Robert Pansard-Besson dans l'ombre définitive de Michel Serres.

Les Diafoirus, les Purgon et les Fagon sont tous des capons. (Cyber Molière)

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Tours du Monde, Tours du Ciel (1990, rediffusé en 1991 puis plus tard), La Légende des Sciences (1996, diffusé pour la première fois en 1997) et Tours du Monde,Tours du Ciel 2009 (diffusé l'année en question) :  trois productions documentaires prestigieuses qui firent connaître Michel Serres du grand public, trois émissions scientifiques importantes dont l'ambition affichée était de vulgariser sans abêtir, trois émissions dues à un réalisateur tombé si injustement dans l'oubli, qu'il mourut dans une discrétion médiatique telle que l'article que Wikipedia lui consacre ignore le jour exact de sa disparition prématurée à 61 ans... 
Je veux parler de Robert Pansard-Besson, collaborateur télé important de Michel Serres, cinéaste trop ignoré, qui, avec aussi l'astrophysicien  Pierre Léna
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 qu'il me faut également nommer, contribua à l'édification d'un service public de qualité non soumis au diktat de l'audience... 
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Il rejoignit les cohortes anonymes des omis nécrologiques (qui comportent nombre de comédiens de l'ancienne ORTF) au cours d'un mois d'avril 2011, triste événement inaperçu d'une actualité qui eut alors d'autres chats à fouetter. 
Il arriva parfois que la critique se montrât cruelle, injustement, à l'encontre de Robert Pansard-Besson et de Michel Serres, oui, cela fut possible !  C'était en 1997, à l'occasion de la diffusion de La Légende des Sciences, sévèrement qualifiée par une personne mal embouchée de série "épistémolo-mondaine", comme si Michel Serres eût marché sur les pas d'Henri Bergson
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 auquel on reprochait à ses cours d'être devenus des événements justement mondains où se pressaient des dames emplumées enthousiastes - bien qu'elles ne comprissent pas grand-chose au laïus bergsonien - sorties tout droit des romans de Marcel Proust.
L'ultime épisode de cette série documentaire, semble-t-il ajouté après coup, fut particulièrement éreinté, assimilé à du vide, à de la fatuité prétentieuse mal orchestrée. On l'accusa d'être arbitrairement constitué de chutes de Tours du Monde, Tours du Ciel, en particulier ces photos de vêtements traditionnels des Pawnees ornés d'étoiles. Le tout non commenté, juste agrémenté d'un fond musical. Enfin, ce volet débutait par un dialogue grotesque de Bouvard et Pécuchet. Il s'intitulait Naître... Certaines personnes chagrines s'en prirent même à la musique d'Eric Demarsan soutenant qu'elle ne valait pas celle, inoubliable, de Tours du Monde Tours du Ciel. En 1996-97, le grand Georges Delerue était hélas défunté depuis quelques années. 
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De plus, qui se souvient qu'en 1990, à l'occasion de son élection à l'Académie française (élection qui avait lors surpris), Michel Serres ne faisait pas l'unanimité philosophique autour de lui et pouvait se trouver contesté par certains ? 
Ce fut donc pour moi un délice de découvrir la pensée profonde et optimiste de Michel Serres, merveilleusement mise en images animées par le désormais regretté Robert Pansard-Besson. 
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La musique de Georges Delerue contribua à cet enchantement. Il est dommageable pour la mémoire de la télévision de maintenir dans l'obscurité obituaire un réalisateur de métier qui eut conscience du travail bien fait et sut oeuvrer à la noble tâche de la vulgarisation scientifique au service de tous les publics : c'était cela, l'essence même du travail de Robert Pansard-Besson, l'essence du SERVICE PUBLIC. Sachons nous souvenir de lui...

Prochainement : Zappy Max : une dénécrologie presque intégrale lourde de sens pour la culture populaire antérieure.
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samedi 8 juin 2019

Le bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach dans les médias français : France Musique, Diapason et Classica seuls.

L'opérette se meurt, l'opérette est morte ! (Cyber Bossuet)

Il faudra se faire une raison : nos chaînes de télévision ont décidé de se f.. du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach comme moi de ma première paire de chaussettes. 
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Savent-ils (ou elles), tous ces butors, ces pendards, ces paltoquets, que les nazis et Vichy se cassèrent les dents sur Offenbach et échouèrent à faire interdire que l'on jouât ses oeuvres ? L'horreur antisémite se heurta au mur du génie espiègle offenbachien... 
J'avais dix ans lorsque je découvris Jacques Offenbach... sous les traits d'un Pierre Fresnay couvert de postiches. C'était lorsque notre ancienne télévision, qui ne méprisait pas encore la culture antérieure non massive décrite par Adorno, désormais supplantée par l'a-culture hyper commerciale et marchande, osait programmer un vieux film en noir et blanc : La Valse de Paris, film de 1950 réalisé par le facétieux dramaturge (quel nom inapproprié pour un auteur de comédies !) Marcel Achard (1899-1974). Outre Pierre Fresnay, Yvonne Printemps, Jacques Charon, Jacques Castelot (le frère d'André !) et Pierre Dux se partageaient l'affiche. Que de beaux noms ignorés par la nouvelle génération ! 
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Certes,  Louis Beydts. avait adapté les morceaux... Manuel Rosenthal ne commit-il pas lui-même un ballet réputé, Gaîté parisienne qui arrangeait avec brio et talent, des pièces très populaires du grand Jacques... 
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Nul doute que le bilan télévisuel de la commémoration du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach sera nul, sauf miracle nocturne en retard de plusieurs mois (ce fut le cas l'an passé pour Debussy). Force est de malheureusement constater que Rodin, en 2017, aura été l'ultime figure iconique de la culture antérieure à avoir bénéficié de bonnes commémorations télé : pour Baudelaire, il fallut se contenter avec un an de retard d'un court documentaire de 26 minutes de France 5 consacré à sa muse Jeanne Duval tandis que l'Encyclopédie, D'Alembert et Diderot eurent droit, avec respectivement 2 ans et 6 ans de retard, à une tout aussi courte émission de la série éducative d'Arte du dimanche matin Points de repères... Il n'y aura donc rien du tout pour Offenbach mais aussi pour Courbet, tout comme pour Guillaume Apollinaire en 2018...Rediffuser La Valse de Paris sur une chaîne du câble ou du satellite vouée à la cinéphilie serait plus qu'insuffisant.



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Quant à Léonard de Vinci, certes, on l'a célébré, mais en déboursant zéro centime, puisque la totalité des émissions à lui consacrées n'étaient pas du tout inédites mais puaient le plus que réchauffé...Le grand Jacques Offenbach pâtit de cette sélection drastique et à l'économie ; il risque de finir comme Orphée, aux Enfers... des Enfers commémoratifs ! On ne peut se contenter d'une restriction d'Offenbach à une radio publique et à deux magazines spécialisés (les seuls sur le marché à traiter du domaine classique) : ce serait gravement méconnaître son caractère universel acquis depuis longtemps.
Un article de Benoît Duteurtre intitulé "Offenbach, le Français universel", paru dans le numéro de Marianne du 14 juin 2019, met judicieusement l'accent sur le peu d'empressement de notre gouvernement à commémorer ce bicentenaire, fait déjà constaté par Diapason au début de cette année. L'Etat lui a préféré Berlioz, mais peut-on décemment parler de commémorations dignes de ce nom pour notre romantique Hector, réduit, il me semble bien, à une diffusion en catimini des Troyens montés à l'opéra Bastille ?
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Je ne vois pas ce qu'il en coûterait à l'une de nos chaînes de retransmettre Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, La Périchole ou Les Contes d'Hoffmann. Mystère et boule de gomme comme l'on disait lorsqu'on était gosse. Arte peut, par exemple encore rattraper le coup : elle le fit bien pour Charles Dickens fin 2014 au lieu de début 2012 ! Advienne que pourra...

Prochainement : Robert Pansard-Besson dans l'ombre définitive de Michel Serres.

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