dimanche 16 février 2025

Ces écrivains qu'on ne veut plus traduire.

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Cette autrice décédée en 2021 vous dit-elle quelque chose ? Lestat le vampire, son personnage fétiche, vous vous en souvenez ? Saviez-vous que Prince Lestat et l'Atlantide, paru en français depuis 2017 (ça fait une paye...) était suivi d'un ultime roman d'Anne Rice (puisqu'il est question d'elle), Blood Communion, dont la parution chez nous commence à se faire attendre depuis des éons ? Encore s'agit-il d'un opus ultime alors que parallèlement, plusieurs écrivains anglo-saxons des littératures de l'imaginaire, et non des moindres, ne sont plus traduits pour le marché hexagonal depuis déjà une grosse décennie ? Mais, d'Anne Rice, il n'y a pas que Blood Communion qui demeure en souffrance. Quid des deux suites de son magistral roman d'amour fantastique inclus désormais dans le cycle Ramsès le damné : The passion of Cleopatra (2017)  et The Reign of Osiris (publication posthume de 2022) écrit avec son fils Christopher Rice dont pas le moindre titre n'est traduit chez nous ? 

Passons à Louis Bayard. Plus aucun de ses livres n'a paru en français depuis 2013 ! 
























Quels sont les titres oubliés, laissés sur une voie de garage ? 
Ils sont au nombre de quatre : 
- Roosevelt's Beast (2014) ;
- Lucky Strikes (2016) ;
- Courting Mr. Lincoln (2019) ;
- Jackie & Me (2022).
Je subodore que les chances de voir arriver ces bouquins en français chez nous sont proches du zéro absolu.
La situation s'avère tout aussi préoccupante pour un autre écrivain phare de la littérature de l'imaginaire : Tim Powers. 
























Concernant cet auteur, le nombre de livres non traduits frôle les sommets pléthoriques ! La série noire des non traductions en stand by quasi éternel débute avec Nobody's Home, qui remonte déjà à 2014. Ont suivi Medusa's Web (2016), Down and Out in Purgatory (toujours en 2016), Alternate Routes (2018), More Walls broken (2019), The Properties of Rooftop Air (2020), My Brother's Keeper (2023), After Many a Summer (2023 encore) et The Mills of the Gods (2025). A moins que les éditeurs français se bougent enfin et paient grassement une équipe de traductrices et traducteurs, je doute fortement que l'on puisse lire un jour cette légion d'inédits de Tim Powers dans la langue de Molière... Et j'en ai sautés ! 
Il y a aussi le cas des romans ultimes d'auteurs décédés, que nul ne s'empresse de faire traduire. Intégralement escamoté par Le Monde lorsqu'il nous quitta, Christopher Priest
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 a un bouquin en souffrance intitulé  Airside (2023). Là encore, il faudrait dénicher primo une maison d'éditions, secundo une personne susceptible de traduire cet ouvrage sans être payée au lance-pierre  ! Même sort pour Dan Simmons,
 
 
 
dont l'opus terminal Omega Canyon, daté de 2025, reste inédit dans notre langue. 
Le cas le plus emblématique, c'est Boris Akounine, d'origine georgienne, opposant notoire au pouvoir russe actuel, en exil au Royaume-Uni, qui, autrefois, était publié en français par Les Presses de la Cité (groupe racheté deux fois depuis !), se retrouve absent des librairies françaises depuis 2015.
On devine que la liste des non-traductions de Boris Akounine ne cesse de s'allonger : 
- La Planète eau (2015) ;
- Je ne dis pas adieu (2018) ;
-  Le Dao d'Eraste Fandorine (2023) ; 
- Les Leçons de Tamba (2023) ;
- La Grenouille de Basho (2023) ;
- Simplement Massa (2020) ;
- Lama (2023).
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A présent, il nous faut conclure, non sans rappeler un auteur - non traduit depuis 1999 - déjà évoqué il y a quelques années sur ce blog : Luca Masali. A l'exception de Khadafi, le foot et moi aux éditions Métailié, tous les ouvrages de cet auteur de SF italien parus depuis l'an 2000 manquent à l'appel en français, notamment La balena del cielo (2004) et La vergine delle ossa (2010). Dans ses romans inédits, on croise Umberto Nobile l'explorateur polaire 
 
 
 et Cesare Lombroso, le célèbre criminologue du XIXe siècle,
  
sans omettre le physicien Ettore Majorana. 
  
 
Prochainement : place au café littéraire, avec L'oubli que nous serons, de l'écrivain colombien Hector Abad.
 
 

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