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Encore un écrivain qui a bien fait d'abandonner son vrai patronyme au profit d'un nom de plume ! S'appeler Louis Farigoule, est-ce bien sérieux ? A l'énoncé d'un tel nom, on penserait presque au domaine de Fabrégoules, cher aux traminots et à la CGT marseillaise... Que reste-t-il de cet auteur ? Knock ? Les Copains ?
Le regretté professeur Alain Niderst s'était penché sur le cas Jules Romains et observait avec amertume le fait que cet auteur chantre de l'unanimisme, parti de la tendance politique radical-socialiste, avait fini sa carrière à l'extrême droite comme partisan de l'Algérie française. Quid en ce cas de cet écrivain radical-socialiste des années 1930, de ce pape de l'unanimisme, de cet auteur de la saga consacrée aux Hommes de bonne volonté ? Que s'est-il passé pour une telle mue ?
Les Hommes de bonne volonté demeurent l'oeuvre maîtresse de Jules Romains, publiée en vingt-sept volumes entre 1932 et 1946, et dont l'action se déroule du 6 octobre 1908 au 7 octobre 1933. L'ouvrage bat sans nul doute en longueur La Recherche du Temps perdu de Marcel Proust !
L'unanimisme de ce cycle romanesque n'est plus à la page, bien qu'il fût aussi pratiqué Outre-Atlantique par John Dos Passos, qui connut hélas le même parcours politique que Jules Romains.
De cet auteur (1896-1970), j'ai étudié au lycée en anglais quelques extraits de La Grosse Galette et bien plus tard, 42e Parallèle fut au programme du café littéraire que je fréquente. Dos Passos glissa donc à droite, par anticommunisme, se montrant à la fin de sa vie favorable au maccarthysme, aux Cubains anticastristes et à l'intervention américaine au Vietnam et soutint en 1964 la campagne présidentielle de Barry Goldwater, tandis que Jules Romains s'engagea en faveur de l'Algérie française.
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