samedi 12 septembre 2026

Jean-Louis Brunaux, plus grave omission nécrologique de l'année 2026 ?

  

Le 18 août dernier nous quitta, dans un silence médiatique terminal qui ne glorifie ni notre presse écrite, ni encore moins notre télévision (cela, nous en avons la triste habitude), le plus grand spécialiste français de la Gaule depuis la disparition de Christian Goudineau le 9 mai 2018. 

  

Ce décès suit de près celui d'un autre grand celtologue, bien moins connu  quoiqu'intéressant lui aussi : Venceslas Kruta, qui lui, nous a quittés le 26 juillet.

 

Cette omission de Jean-Louis Brunaux me paraît scandaleuse pour plusieurs raisons : 

- l'on sait désormais que la télévision française - France 5 le jeudi soir et Arte le samedi soir - excelle dans les documentaires d'archéologie (ce dont autrefois elle était incapable), d'où l'incompréhension qui est mienne au sujet du silence général ayant entouré Jean-Louis Brunaux, d'autant plus qu'est imminente la diffusion du " la Guerre des Gaules, César nous a-t-il menti ?" sur France 5, ce film étant une incontestable vulgarisation des écrits de Jean-Louis Brunaux (AlésiaVercingétorix etc.) ;

Le Monde est proprement inexcusable d'avoir oublié Jean-Louis Brunaux : en 2017, ce journal fut aux premières loges pour soutenir l'entreprise des éditions La Découverte, contre un certain récit national mythifié et récupéré - en cassant toutefois trop de sucre sur L'Histoire de France en bandes dessinées des années 1970, dont la majorité des collaborateurs étaient proches du PCF et publiaient chez Pif gadget, notamment Jean Ollivier, Roger Lecureux ou Raphael Marcello - dans la publication de la collection d'albums intitulée Histoire dessinée de la France, toujours en cours en 2026. Or, le deuxième volume de la collection, L'Enquête gauloise, dessiné par Nicoby, avait justement été scénarisé par Jean-Louis Brunaux et démontrait, dans une scène décapante, les mensonges césariens ! Le Monde jouerait-il au "courbe la tête fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré ?"  ;

 

- enfin, troisième raison et non des moindres : la biographie de Jules César de Jean-Louis Brunaux, annoncée chez Gallimard fin septembre, sera désormais un ouvrage posthume !