dimanche 22 mai 2022

Quatre dessinateurs oubliés.

 Quand on a dix pas à faire, neuf est la moitié du chemin. (proverbe chinois cité par Madame de Staël au chapitre XXI de De l'Allemagne)

Ils eurent  leur petite heure de gloire dans le dessin de presse humoristique, le strip quotidien ou encore la bande dessinée. Ils furent oubliés à leur mort, voire même avant tant leur décès eut peu d'écho. Ils s'appelaient Jaf (Edmond Guérin), animateur de Monsieur Jujube dans Le Provençal, décédé à 68 ans en 1984, Coq (alias Luis Garcia Gallo) (1907-2001), créateur du chien Azor, Gus (1911-1997) de son vrai nom Gustave Herlich, caricaturiste estimable et Claude Marin (1931-2001), le moins méconnu des quatre, dessinateur de bandes dessinées qui fut le géniteur de Frère Boudin puis l'animateur des Bébés Disney. 

J'aurais pu inclure Piem (1923-2020) dans cette liste, tant les a-médias n'ont pas insisté sur sa discrète disparition. Son nom réel, ronflant, Pierre de Barrigue de Montvallon n'explique pas cette ignorance crasse.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7c/Piem%2C_2016_%28cropped%29.jpg

Commençons, si vous le voulez bien.

 Héros quotidiens - M. Jujube 

Jaf tout d'abord, puisqu'il s'agit, si l'on peut l'écrire, du plus "provincial". Ah Monsieur Jujube ! Même un prof d'histoire-géo que j'ai eu au collège en avait parlé ! Avec sa manière très particulière de s'exprimer, il avait dit : "Bon ben, voyez M'sieur Jujube !" Jaf a fait longtemps les délices humoristiques et politiques du Provençal, ce quotidien marseillais sous la houlette du maire Gaston Defferre, faisant office de strips et de dessins de presse, héritage d'une tradition américaine. Par exemple, à l'occasion de la foire aux santons et des vacances de Noël, Jaf avait caricaturé le premier ministre de l'époque, Raymond Barre, sous les traits du ravi de la crèche. Il y était dit : "le ravi est de plus en plus ravi."

Ainsi alla Jaf, en fonction des aléas de l'actualité nationale et marseillaise, avant que la maladie le rattrapât. Monsieur Jujube disparut des pages du Provençal, fort discrètement, peu de temps après l'alternance de 1981, sans qu'on en sût la cause. Jaf mourut peu d'années après, à 68 ans. Le Provençal avait été sa vie ; seul Le Provençal lui consacra un digne hommage, comme si la notoriété de Jaf avait été strictement locale, ne dépassant jamais Marseille.J'avais redouté un instant qu'il se fût agi d'une disgrâce, parce que la gauche était au pouvoir et Gaston Defferre au ministère de l'Intérieur, parce que Le Provençal n'avait plus besoin de strips de critique politique.

Passons à Coq, mort en 2001, la même année que Claude Marin, et dans le même oubli "mass-médiatique".Azor le chien, qui le connaît encore, qui en cause encore le soir au coin du feu (évocation giscardienne datée s'il en est ! ) ?

Coq (Gallo, Luis Garcia) - 2 Bandes de dessins originaux - Catawiki






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